Le Syndrome des jambes sans repos: un Vide de Sang?


Résumé :

Le syndrome des jambes sans repos, et les mouvements périodiques des membres inférieurs sont des syndromes fréquents, survenant plus souvent en période vespérale, invalidant le sommeil des patients atteints et engendrant des somnolences inconfortables en journée. La sémiologie clinique reste assez variée rendant le diagnostic parfois difficile pour une pathologie mal connue du grand public.

L’acupuncture permet, à travers divers travaux, une nette amélioration des patients pour lesquels les traitements allopathiques classiques sont d’une efficacité très modérée et imparfaite. Une revue de la littérature mondiale a permis de trouver de bons résultats à la prise en charge de ces syndromes par acupuncture.

Une analyse par la méthode chinoise permet de mettre en avant des tableaux de:

  • vide de yin de rein et de foie,

  • vide de yin de l’estomac,

  • vide de sang du foie,

  • vide de sang de chong mai.

Le Syndrome des jambes sans repos en médecine chinoise :

Physiopathologie

Le SJSR est d'individualisation récente. Ainsi, pour comprendre ce genre de syndrome, la médecine chinoise a tendance à les analyser d'un point de vue sémiologique. Cette pathologie intermittente, paroxystique, entrecoupée de périodes de rémission, sans évolution prévisible, semble pouvoir être assimilée à une pathologie du Vent.

Le vent pervers peut être d'origine externe ou interne. Ce vent pathogène peut ainsi apparaître à l'interne par excès du foie ou déficience des reins, provoquant alors un grave déséquilibre yin yang au niveau du foie où le sang ne contient plus les souffles :

les souffles yang se déchainent en agitation, mouvements erratiques, tremblements, contractures musculaires, convulsions, vertiges, étourdissements, céphalées …

Ces tableaux de chaleur extrême, de feu du foie, de montée de yang du foie, ne nous semblent pas correspondre à cette pathologie certes handicapante mais, nous l'avons vu, n’entraînant pas de conséquences physiques graves.

Du point de vue de la médecine traditionnelle chinoise, le SJSR semble correspondre dans sa sémiologie à une pathologie des seuls méridiens et pourrait faire partie du domaine des bi zheng.

Sur le plan physiopathologique, il y a d'abord une faiblesse du zheng qi (qi correct) qui permet aux xie (agents pathogènes ou pervers) de persister dans le corps où ils gênent alors la circulation du qi dans les jing luo.

Il en résulte que les jin (tissus tendino-musculaires ou tissus mous de l'appareil locomoteur) ne sont plus nourris correctement et que le qi et le sang (xue) stagnent en obstruant les mai luo (ramifications ou vaisseaux secondaires), d'où la survenue de la maladie.

Au chapitre 43 de Su Wen, on lit : « Le vent, le froid et l'humidité arrivent et se mélangent pour causer le bi …

La présence des douleurs indique que le froid est abondant. C'est le froid qui entraine les douleurs. En cas d'absence de douleurs mais en présence de paresthésie, cela signifie que la maladie entre dans la phase chronique et atteint la profondeur. La circulation difficile du ying qi (qi nutritif) et du wei qi (qi défensif) fait que, par moments, la circulation dans les jing luo n&